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Où vont vos données quand vous utilisez l’IA
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Où vont vos données quand vous utilisez l’IA ?

· 4 min de lecture

La réponse courte

Cela dépend de l’outil et surtout de l’abonnement. Un même assistant, sous une formule gratuite ou sous une formule professionnelle, n’offre pas les mêmes garanties sur la conservation, le lieu de traitement et l’entraînement des modèles. C’est la première chose à vérifier, avant même de choisir un prestataire.

Trois endroits où vos données peuvent aller

Chez le fournisseur du modèle. Quand vous collez un document dans un assistant, il part sur les serveurs de l’éditeur pour être traité. Où exactement, et pour combien de temps, dépend entièrement de l’abonnement que vous avez souscrit.

Chez le prestataire qui construit l’outil. Pour calibrer un assistant sur votre métier, il faut lui donner vos vrais documents. Ils transitent donc par les machines de celui qui le construit.

Dans l’entraînement des futurs modèles. C’est la crainte la plus répandue, et la plus facile à vérifier. Les offres professionnelles des principaux éditeurs excluent contractuellement cet usage. Les offres gratuites et grand public, souvent pas.

La question à poser en premier : quel abonnement ?

C’est le point que presque personne ne vérifie, et c’est pourtant celui qui détermine tout le reste. Un même outil, sous un abonnement gratuit ou sous un abonnement professionnel, n’offre pas les mêmes garanties.

Ce qu’il faut lire avant de coller quoi que ce soit : est-ce que le fournisseur s’engage à ne pas utiliser vos contenus pour améliorer ses modèles, combien de temps il les conserve, et dans quel pays ils sont traités. Ces trois réponses figurent dans les conditions d’utilisation, et elles diffèrent d’une formule à l’autre.

Un collaborateur qui utilise sa version personnelle gratuite pour un document de l’entreprise contourne toutes vos précautions, sans le savoir. C’est le cas le plus fréquent, et le plus facile à corriger.

« Données hébergées en Suisse », ce que ça veut dire et ce que ça ne veut pas dire

Beaucoup de prestataires romands affichent cette mention. Elle mérite d’être précisée, parce qu’elle recouvre deux choses très différentes.

Un site web, une base de données ou un espace de fichiers peuvent parfaitement être hébergés en Suisse : les hébergeurs suisses le proposent depuis des années. En revanche, les grands modèles d’intelligence artificielle tournent aujourd’hui sur un nombre limité d’infrastructures, et la Suisse n’en fait généralement pas partie.

Autrement dit : vos fichiers peuvent rester en Suisse, mais la phrase que vous envoyez au modèle, elle, part ailleurs. Demandez systématiquement lequel des deux on vous promet.

Ce que la loi suisse attend de vous

La loi fédérale sur la protection des données ne parle pas d’intelligence artificielle en particulier. Elle s’applique dès que vous traitez des données personnelles, quel que soit l’outil.

Les principes qui vous concernent directement : ne traiter que les données dont vous avez besoin, informer les personnes concernées, encadrer par contrat ceux qui traitent des données pour vous, et pouvoir dire où elles vont. Les données dites sensibles, notamment les données de santé, appellent des précautions renforcées.

Concrètement, si un prestataire manipule vos documents pour construire un outil, un contrat de sous-traitance écrit n’est pas une formalité : c’est ce qui vous couvre.

Cet article donne des repères généraux, pas un avis juridique. Pour un dossier sensible, faites-vous accompagner par une personne compétente en protection des données.

Sept questions à poser à un prestataire

Sur quelles machines mes documents seront-ils traités pendant la construction ? Combien de temps les conservez-vous ? Les supprimez-vous à la livraison, et pouvez-vous me le confirmer par écrit ? Gardez-vous un accès à l’outil ensuite ? Sur quel abonnement l’outil tournera-t-il, et à quel nom ? Ce fournisseur utilise-t-il mes contenus pour entraîner ses modèles ? Signez-vous un contrat de sous-traitance ?

Un prestataire sérieux répond aux sept sans hésiter. Une réponse floue sur la cinquième, celle de l’abonnement, est le signal le plus parlant.

Les trois réflexes qui coûtent zéro franc

Ne donnez que ce qui est nécessaire. Un modèle de devis anonymisé suffit presque toujours ; le fichier client complet, rarement.

Décidez ce qui ne sort jamais. Dossiers médicaux, données salariales, pièces d’identité. Écrivez la liste, partagez-la, et tenez-vous-y.

Dites-le à votre équipe. La plupart des fuites ne viennent pas d’une faille technique mais de quelqu’un qui colle un document dans un outil gratuit, de bonne foi, parce que personne ne lui a jamais dit.

Sources

  • Loi fédérale sur la protection des données (LPD) et son ordonnance
  • Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence
  • Conditions d’utilisation professionnelles des principaux éditeurs d’assistants IA, relevées en septembre 2026

À retenir

  • Tout dépend de l’abonnement, pas de l’outil. C’est la première chose à vérifier.
  • « Hébergé en Suisse » peut viser vos fichiers sans viser le modèle. Demandez lequel.
  • Les offres professionnelles excluent l’entraînement sur vos contenus. Les gratuites, souvent pas.
  • Un contrat de sous-traitance écrit n’est pas une formalité, c’est ce qui vous couvre.
  • Le risque principal reste humain : dites à votre équipe ce qui ne doit jamais sortir.
Mis à jour le 17 septembre 2026 Voir nos engagements sur vos données

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